Algérie, Guerre des drapeaux : criminaliser l’héroïsme

La Rédaction

PARIS – Onze Kabyles dont un néphrologue et un Chawi, arrêtés à Alger le 21 juin 2019 pour avoir brandi un drapeau amazigh, ont été mis sous mandat de dépôt par un juge aux ordres. Comme le délit n’est pas prévu par le code pénal, ils sont inculpés pour « atteinte à l’unité nationale » et passibles de la peine de mort. Le pouvoir criminalise l’héroïsme et la dignité.

Cet acte gravissime soulève l’indignation chez tous les peuples amazighs. La ville de La3ziv n Za3mum (Kabylie) vient d’organiser une marche nocturne pour exprimer sa colère contre le pouvoir militaire et sa solidarité avec les prévenus.

La manœuvre de diversion tentée par le commandement militaire algérien pour en finir avec sa contestation par la rue qui en est à sa 18 e semaine, a consisté à déclarer la guerre des drapeaux, par la voix de son homme lige, le Général Gaid Salah.

Le drapeau le plus visé par cette déclaration de guerre est celui de la Kabylie, symbole de l’aspiration du peuple kabyle à l’indépendance. Sa présence dans les manifestations est si défiante pour le pouvoir algérien que celui-ci avait fini par accepter, à contre-cœur et pour quelques temps seulement, que les manifestants brandissent le drapeau amazigh en lieu et place du nouvel emblème national kabyle.

Il faut rappeler que le drapeau amazigh était, jusqu’à l’apparition du drapeau kabyle (avril 2015), celui des indépendantistes kabyles. Apparemment, le faire flotter dans les rues d’Alger ou d’ailleurs rappelle trop aux militaires, politiquement incultes, la permanence de l’esprit d’indépendance de la Kabylie.

Son interdiction est pour tous les Kabyles, un casus belli et un acte raciste anti-kabyle.

Le président de l’Anavad condamne les propos de Gaid Salah et la mise sous dépôt des victimes de la guerre des drapeaux. Il exige la libération immédiate et inconditionnelle des inculpés.
Mas Aselway appelle la commission des droits humains de l’ONU, celles de l’Union européenne et de l’Union Africaine, à se saisir de ces graves atteintes aux droits des citoyens kabyles parle pouvoir militaire algérien.
Il alerte la communauté internationale et les instances de l’ONU sur les violations des droits humains des peuples d’Algérie en général en Algérie, et du peuple kabyle en particulier.

Exil le 24/06/2019
M. Ferhat Mehenni, président du MAK (Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie)
Président de l’Anavad (Gouvernement Provisoire Kabyle en exil)

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