9:20 - mercredi novembre 21, 2018

Aqmi aurait reçu 17 millions de dollars pour libérer 4 otages français

La Rédaction

Une ancienne ambassadrice américaine à la retraite assure que Paris a versé cet argent à Aqmi en passant par le gouvernement malien.

La France aurait négocié avec les terroristes d’Aqmi selon Vicki J. Huddleston, ex-ambassadrice américaine au Mali et ex-responsable des affaires africaines au département d’Etat, désormais retraitée, interrogée par iTélé. Selon elle, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a versé 17 millions de dollars à Aqmi en 2010 pour faire libérer quatre otages au Niger. Néanmoins ces employés d’Areva sont toujours détenus quelque part au nord du Mali par Aqmi. Leur libération a manifestement échoué, sans que l’ex-ambassadrice explique les raisons.

« Les rançons, comme toutes les rançons, ont été payées indirectement. Elles ont terminé entre les mains du gouvernement malien et ensuite elles sont retournées, du moins une partie, aux salafistes », a-t-elle ajouté.

Vicki J. Huddleston ajoute que si les Etats-Unis et le Royaume-Uni ne paient jamais de rançon, d’autres pays européens dont la France et l’Allemagne ont recours à cette méthode. L’Algérie dont trois diplomates sont aux mains du Mujao depuis le printemps 2012 a officiellement refusé tout paiement de rançon.

Les autorités françaises avaient aussi nié, juin 2011, tout versement de rançon pour obtenir la libération de Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, deux journalistes français détenus par les talibans en Afghanistan. Mais certaines sources affirment peu probable que ces deux journalistes soient libérés sans contrepartie. L’Espagne a aussi payé des rançons aux groupes terroristes islamistes. Roque Pascual, 50 ans, et Albert Vilalta, 35 ans, deux volontaires de l’ONG catalane Accio Solidaria avaient été enlevés le 29 novembre 2009 en Mauritanie alors qu’ils participaient à un convoi humanitaire. Ils ont été libéré en août 2008. Aqmi a affirmé lundi avoir libéré les deux otages espagnols parce que certaines de ses revendications avaient été satisfaites, sans préciser lesquelles, selon le quotidien El Pais qui cite un message enregistré du groupe. Deux quotidiens espagnols El Mundo et ABC ont révélé qu’une rançon, évaluée à 3,8 millions d’euros selon El Mundo et de 5 à 10 millions d’euros estime ABC, a été versée par Madrid. Ce que le gouvernement espagnol nie évidemment.

Selon cette ex-ambassadrice américaine, l’argent versé servirait au recrutement et à l’achat d’armes par les terroristes. « Les rançons, comme toutes les rançons, ont été payées indirectement. Elles ont terminé entre les mains du gouvernement malien et ensuite elles sont retournées, du moins une partie, aux salafistes », a-t-elle ajouté. L’entretien a eu lieu jeudi en duplex entre Albuquerque (Nouveau-Mexique) et Washington, selon iTélé.

Hormis ces quatre otages, deux autres Français ont été enlevés à Hombori (Mali) le 24 novembre 2011 et un autre le 20 novembre 2012 près de Kayes (Mali). Soit sept otages qui seraient détenus, au nord du Mali, dans le massif des Ifoghas, vaste zone de montagnes et de grottes où selon des experts et des sources de sécurité, une bonne partie des chefs et des combattants des groupes islamistes se sont réfugiés.

Le business des otages a toujours alimenté les groupes de ravisseurs. Depuis la prise d’otages réalisée en 2003 par le GSPC à sa tête El Para, les rançons ont constitué l’unique moyen pour libérer les otages dans cette partie de la planète.

AFP

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