2:53 - vendredi décembre 14, 2018

Le DRS dans le viseur de Bouteflika.

La Rédaction

ALGER – Le Département renseignement et sécurité est en train d’être détricoté par le président. Après le général Djebbar, à qui le tour ? Le général Toufik ?

Bouteflika s’attaque frontalement à la citadelle du Département du renseignement et sécurité (DRS). Qui l’eût cru quand on sait que sans ce service de renseignement, Bouteflika n’aurait jamais été ce locataire plénipotentiaire du palais présidentiel ? Mais l’histoire est faite de retournements qu’il est souvent difficile de prévoir. Le DRS qui donnait des frissons aux Algériens voit ses responsables dégommés les uns après les autres. Le président a mis fin aux fonctions du terrible Mehenna Djebbar, le bras droit du patron du DRS. L’information révélée par TSA et non confirmée officiellement vaut son pesant de poudre. Car Djebbar, responsable de la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), était jusque-là presque un intouchable. Le messie de dieu, le général Toufik. Cela veut-il dire que le clan présidentiel a désormais pris le dessus sur le DRS dont on le disait l’adversaire ?

Instruit de cette proximité des deux généraux, il n’y a pas lieu de s’étonner de ce limogeage, puisque ladite DCSA comme d’ailleurs la communication et la police judiciaire, est passée sous la coupe de l’armée, autrement dit le général Gaïd Salah, tout-puissant vice-ministre de la Défense National, chef de l’état-major de l’Armée, et fidèle de Bouteflika.

Reste le général Toufik, intouchable patron du DRS depuis 1989. Sera-t-il la prochaine cible du président ? Les jours prochains nous le diront.

En tous cas, ceux qui prédisaient sa fin proche devraient se mordre les doigts. L’homme, plus déterminé que jamais après son accident et son long séjour parisien, revient à la charge. Sa première cible ? Le DRS. Il y a eu d’abord le fameux colonel Fawzi qui décidait de la vie et de la mort des quotidiens nationaux en distribuant aux uns (les soutiens patentés s’entend) de la pub et en privant ceux qui n’étaient pas en odeur de sainteté avec la présidence. Tout le monde aura remarqué que depuis une décennie le colonel Fawzi avait bien gratifié les journaux proches d’El Mouradia. Cela n’a pas empêché le président de le débarquer sans état d’âme. Raison invoquée ? Des informations peu favorables à Bouteflika que l’indélicat colonel aurait transmis à certains titres. C’est connu, Bouteflika a la rancune tenace. Malgré son âge, le pardon est sa dernière vertu. Le parachutage d’Amar Saadani à la tête du FLN, celui bientôt de Bensalah à la tête du RND répond à ce plan large de remise en route de la machine du clan constitué d’affairistes de tous poils et de notables politiques pour reconduire le statu quo.

Un président civil qui s’attaque aux militaires : bonne nouvelle ! s’écrieront certains. Mais pas tout à fait quand on connaît la rouerie, l’obsession du pouvoir du président et la soif de l’argent et de ce qui va avec de ceuix qui l’entourent.

On donnait Bouteflika pour mort. Politiquement s’entend. Le voilà en train de déplacer les lignes du pouvoir une par une. Le remaniement ministériel rendu public mercredi vient confirmer la main mise totale décidée par le clan présidentielle de tous les leviers du pouvoir. Objectif : la présidentielle prévue normalement – car rien ne dit qu’elle aura lieu dans les temps – dans six mois.

Yacine K. , LeMatinDZ

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