7:10 - dimanche août 18, 2019

Entretien avec Saïd Sadi (actualisé).

La Rédaction

ALGÉRIE – Reprise d’un entretien avec Said Sadi (Réalisé par TSA).

 Le RCD mène campagne pour le boycott avec des partis islamistes que vous aviez combattus lorsque vous étiez à sa tête… 

Il y a des éléments qu’il est utile de rappeler. Ce n’est pas la première fois que le RCD se lance dans des activités politiques conjoncturelles avec des partis islamistes. Tout le monde se rappelle de la protestation en 1997 à Alger. Nous étions dans la rue avec l’ensemble des forces politiques activant légalement sur la scène politique pour dénoncer la fraude.

En 2004, je me suis présenté à l’élection présidentielle. Nous avions averti, conjointement avec Abdellah Djaballah et Ali Benflis, l’opinion sur les dépassements. Nous avions signé un communiqué commun.

J’observe qu’il y a beaucoup de manipulations dans ces remarques. Plus fondamentalement, ce sont précisément ceux qui accusaient le RCD de sectarisme, d’être incapable de se mettre autour d’une table avec d’autres formations algériennes, qui aujourd’hui agitent l’idée d’une collusion doctrinale politique.

Le meeting de la salle Harcha était destiné à dire que l’élection était un péril pour le pays. Premièrement, l’alternative en Algérie ne peut pas être située, enfermée, dans le marécage du système politique algérien. Il s’agit de se mettre d’accord pour mettre à plat la vie publique afin que chacun puisse défendre son programme politique.

Ce n’est ni une alliance, ni une coalition, c’est un regroupement qui est destiné à d’abord alerter le pays sur l’élection qui pourrait être probablement lourde de conséquences et deuxièmement ; créer les conditions pour que chaque acteur politique puisse défendre son programme. Ce n’est pas une alliance de programmes. Ça a été dit par l’ensemble des intervenants : nous sommes différents et nous assumerons nos différences. Ce n’est pas avec la fraude, ni avec la désinformation et l’argent sale que nous allons construire un pays.

Il me semble aussi que le courant islamiste a évolué aussi par rapport à la compréhension de ce qui doit être un combat démocratique. On n’a malheureusement pas eu le temps d’entendre ça en 90. Ça semble être possible aujourd’hui. Il faut se saisir de cette opportunité tout en restant vigilant bien évidemment.

 L’institution militaire n’a pas choisi son candidat pour la prochaine présidentielle, selon Mouloud Hamrouche. Partagez-vous cet avis ? 

Je ne suis pas là pour parler au nom de l’armée ou pour dire qui elle a choisi ou qui elle n’a pas choisi. Ce que je peux déplorer par contre c’est que l’armée ait jusqu’à présent choisi les candidats. Cela étant dit, il faut que tout acteur politique qui aspire à intervenir dans la vie publique de son pays s’exprime, si possible, d’une manière pérenne, d’une manière continue quand on veut se battre.

Ce que j’observe dans ces dernières sorties, c’est une espèce d’incohérence dans la logique politique. Tout le monde est d’accord pour dire que le pays est dans une impasse politique. Que si on perdait encore un peu plus de temps, nous pourrions aller vers une situation qui mettrait en péril l’Algérie en tant qu’État, Nation et société. Mais, dès qu’il faut identifier les causes de cette impasse, proposer des solutions pour la dépasser, il y a comme une espèce d’aveuglement. Les solutions avancées sont pires que le mal. Toutes ces propositions qui, d’une manière ou d’une autre, essaient d’assurer qu’il est possible de réformer le système de l’intérieur sont vaines et dangereuses. Vaines parce que ça fait un demi-siècle que nous sommes dans le même système, et qu’à chaque fois qu’une opportunité d’ouverture et de changement s’est présentée à l’Algérie, elle a été littéralement étouffée ou détournée, maquillée et dénaturée. Je ne vais pas faire la liste de l’ensemble des occasions perdues. Il n’y a pas de réforme possible à partir de l’intérieur du système.

En appeler à l’armée aujourd’hui pour peser sur le débat politique est, au minimum, une grave irresponsabilité. C’est la nature militaire du système politique algérien qui a conduit l’Algérie à être l’exemple du plus grand désastre de la vie contemporaine. Il faut absolument que l’armée algérienne se tienne à l’écart du jeu politique. Si on veut que cette institution préserve ce qui peut l’être encore, les acteurs politiques ne doivent ni la solliciter ni l’impliquer. Que cela soit fait par omission, par calculs ou par naïveté. L’impasse algérienne est d’abord une problématique politique avant d’être une affaire militaire.

L’armée algérienne est intervenue en 1992. Une fois l’arrêt du processus électoral effectué, elle a été incapable de lancer une alternative. Pour des raisons politiques, historiques et sociologiques. À l’époque, l’armée algérienne avait plus de cohésion. Elle avait un crédit nettement meilleur que celui qu’elle a aujourd’hui. Elle avait un soutien populaire réel. Je ne vois pas pourquoi ni comment ce qui n’a pas été fait en 92 va l’être aujourd’hui. C’est dangereux. Il faut dire à l’armée algérienne : il est de l’intérêt de votre institution et du pays que vous ne soyez plus jamais instrumentalisée dans les jeux politiques de la Nation ; on a menti en votre nom. J’ai été emprisonné et torturé au nom de l’armée, on m’a insulté au nom de l’armée. On a tué au nom de l’armée, il faut absolument arrêter ce jeu de massacre. L’armée algérienne le voudrait-elle qu’elle ne pourrait de toute façon mener une alternative politique. Il y va de sa stabilité, de sa crédibilité et de l’intérêt de la Nation. Même si je salue les dernières sorties médiatiques, partant du principe que tout un chacun a le droit de s’exprimer, je me situe dans des positions politiques sensiblement différentes.

 Pensez-vous que l’armée a une volonté de se retirer de la vie politique ? 

Je ne peux pas vous dire exactement quelles sont les intentions de l’armée. Je dis ce que je pense en tant que citoyen, en tant que républicain et en tant que patriote. Il ne faut pas s’en remettre à l’armée aujourd’hui. Elle ne peut pas et elle ne doit pas s’immiscer dans l’action politique. Quelles sont ses intentions ? J’espère que dans cette armée aussi, il y a des Algériens qui ont le souci de leurs institutions et de la Nation pour tirer toutes les conséquences de la nature militaire du régime algérien qui a prévalu depuis 1962.

 Pourrions-nous imaginer une sortie de crise sans la participation ou même l’aval de l’institution? 

Le système politique algérien n’a pas simplement que les institutions formelles. Il y a aussi la communication. Donc, il s’est débrouillé pour que l’opinion soit convaincue qu’en dehors du système, il n’y a pas de solutions. Or, la solution, elle est en dehors du système. J’étais à la salle Harcha, la quasi-totalité des intervenants avaient moins de cinquante ans. Les trois quarts de la salle étaient des jeunes. C’est cette catégorie-là qui doit assumer la responsabilité politique et assumer l’alternative.

L’armée algérienne a des tâches qui incombent à chaque institution militaire. Nous ne pouvons pas ne pas prendre acte du fait que l’armée algérienne a été instrumentalisée et prise en otage par une police politique. Cette dernière a mené une politique opaque et incontrôlable qui fait que nous en sommes là aujourd’hui. Nous ne pouvons pas refaire une succession d’erreurs qui ont déjà coûté trop cher au pays. Cela fait un demi-siècle que l’Algérie tourne autour du même système. Il y a eu des alternances claniques, mais il n’y a jamais eu d’alternance systémique.

La situation est très grave sur le plan politique. Il ne faut pas masquer les problèmes. S’il n’y a pas rapidement une mise à plat de l’ensemble du bilan de l’Algérie indépendante, il faut penser déjà à envisager des lendemains terribles pour notre pays. Et je le répète : l’armée en tant qu’institution ne doit pas faire partie du débat.

Il appartient à la classe politique, aux personnalités, de se mettre autour d’une table pour faire l’état des lieux et ensuite fixer les règles qui doivent déterminer l’exercice politique. Il n’y a aucune visibilité politique dans notre pays, personne ne peut dire qui pèse quoi. Nous sommes passés d’un système oligarchique à un système délinquant. L’argent sale est en train de polluer toute la campagne électorale et l’espace médiatique. Il sert à déstabiliser les partis politiques.

Une phase de transition est une urgence. Il est temps de lancer le débat qui n’a jamais été amorcé depuis l’indépendance.

 À quoi ce débat, auquel vous avez convié aussi le pouvoir, devrait-il aboutir ? 

Cette phase de transition n’est pas destinée à permettre aux partis politiques de se lancer dans la compétition. Un certain nombre de conditions doit être pris comme préalable. La vie démocratique a ses normes. Tout le monde doit accepter les valeurs démocratiques. Gagner l’élection, ce n’est pas un mandat pour installer la dictature. On peut être majoritaire, mais dans un ordre démocratique, l’opposition a ses droits qui sont garantis. Restent maintenant les hommes du système. Bien sûr, ils peuvent participer au débat, mais il faut qu’ils fassent un effort. J’ai remarqué qu’ils apparaissent comme tuteurs, voire comme parrains parfois. Ils réapparaissent comme des gens qui s’installent au départ au-dessus de la mêlée. Il faut qu’ils fassent preuve d’humilité. Nous ne sommes pas là pour les accabler pour ce qu’ils ont fait pour le pays, mais ils doivent intervenir comme des éléments parmi d’autres. Il faudra qu’ils fassent un immense effort pour se concevoir comme acteur politique qui n’a pas de plus-value à priori à imposer aux autres.

Les hommes du système doivent faire partie du débat, mais il faut qu’ils se départissent de cette prétention à vouloir arriver comme étant des gens qui ont, à priori, une plus-value sur l’action politique. De notre côté, nous devrons faire l’effort de les admettre même s’ils nous ont fait beaucoup de mal.

Dans cette phase de transition, il faut que les affaires courantes soient gérées. Une équipe doit être mise en place pour fixer les priorités qui doivent être traitées pendant cette phase. Je pense qu’elle doit déboucher sur l’élaboration d’une Constitution, encore une fois, qui peut être le fruit d’un référendum ou d’un consensus. Une fois cette Constitution élaborée, on peut, enfin pour la première fois depuis l’indépendance, aller vers des élections pour qu’on sache qui pèse quoi. Mais tout cela doit se faire en dehors du système.

 Pour vous, la transition doit donc se faire sans Abdelaziz Bouteflika ? 

Le piège qui a coûté cher à l’Algérie est ce que j’appelle la politique de la ruse. Le système politique algérien ne s’est jamais présenté avec son bilan et un programme. Il a toujours attendu que des pressions s’exercent sur lui pour faire des concessions. Et à chaque fois que le système s’est saisi d’une revendication de l’opposition, il l’a polluée, pervertie ou dénaturée. Cela est vrai pour l’ouverture politique en 1988. Lorsque le sang a coulé il y avait sept partis politiques dont certains activaient dans la clandestinité. Pour polluer la pluralité politique, le système a dégagé un budget pour permettre à tout le monde de créer un parti. On s’est retrouvé avec près de 70 partis politiques, ce qui a rendu inaudible et illisible la voix de l’opposition. La même stratégie a été appliquée pour les médias.

La transition, ce n’est pas une période qui doit être mise, encore une fois, sous l’autorité d’un régime qui est à l’origine de l’échec. Partout dans le monde, les transitions sont faites sous de nouvelles autorités avec de nouvelles règles en attendant que la légitimité politique soit instaurée. Il ne faut pas jouer avec les mots.

 Vous avez évoqué les hommes du système. On voit que ce sont les hommes du pouvoir qui sont encore une fois projetés au-devant de la scène politique avant les présidentielles. C’est le cas pour Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem… 

Cela participe très certainement des luttes des clans. Mais ce ne sont pas les luttes de clans qui vont régler la crise. Ces luttes sont la cause de la crise. Il ne faut pas cibler des individus même si la responsabilité des individus doit être établie et le cas échéant donner lieu à des sanctions. II est souhaité de ne pas se fixer sur les individus. Ça fausse le débat et ça mène la Nation sur de fausses pistes. On n’a ni le temps ni la capacité de faire des expériences inutiles aujourd’hui.

 Pensez-vous que l’armée a été à un moment donné sous l’autorité du politique en Algérie ? 

Le régime algérien est un régime d’essence militaire. Dès 1962, l’armée des frontières a renversé la seule instance légale qui était le GPRA. Nous sommes en train de payer ce coup de force aujourd’hui encore. Le problème c’est que l’armée a fini par être elle-même otage de la police politique qui s’est prévalue de la force et à un moment donné de la confiance dont bénéficiait l’institution militaire pour mener une politique qui a échappé à l’instance militaire elle-même. On est aujourd’hui dans cette espèce de violence délinquante que plus personne ne peut contrôler. En général, l’histoire montre que lorsqu’on arrive à ce niveau de fonctionnement dans un pays, c’est moins un mode de gestion qu’un signe de fin de règne. Et il faut absolument anticiper cette fin de règne pour éviter le drame. Mais il faut absolument retenir que la solution ne peut pas être dans le système en place.

 Le changement peut-il venir de l’intérieur du système ou imposé par la rue ? 

Nous voyons que seul l’argent sale sert de carburant au fonctionnement du système politique. Mais dire que la société ne réagit pas est une erreur. Il y a un rapport de force qui, pour l’instant, est favorable au système en place. Mais un système ne peut pas logiquement tenir uniquement avec les services de sécurité.

Pour l’instant, nous ne pouvons pas faire de la politique parce que dans un système délinquant, on n’est plus dans l’exercice politique. Je prends un exemple : Boumediène a tué des gens ; ses crimes sont abjects, terribles mais il avait au moins fait l’effort de leur donner un habillage politique. Aujourd’hui, on vous insulte, on vous agresse, on vous réprime et on ne s’embarrasse même pas de vous donner des explications politiques. Mon intime conviction est que le changement aura lieu. L’argent sale, ce n’est pas un moyen de gérer la Nation. D’abord on en aura de moins en moins. Ensuite, on ne peut pas corrompre tout le peuple algérien. Il n’y a pas d’autres choix que la phase de transition ou la rue.

 Vous réclamez depuis longtemps la dissolution de la police politique. Bouteflika a dissous plusieurs structures du DRS dont la police judiciaire. Est-ce que c’est suffisant ?   

Les décisions qui ont été prises ne sont pas suffisantes pour réduire le poids de la police politique dans le pays. Il y a des niches de ces services qui ont métastasé dans tout le pays. Aucun diplomate ne peut être nommé si un pouvoir occulte ne donne pas son aval. Idem pour les magistrats. Aucun projet économique ne peut être validé si la clientèle du régime ne l’agrée pas.

Tout le monde sait que la police politique c’est la confiscation de la justice pour utiliser la loi et légitimer l’ensemble des abus. C’est le contrôle des médias pour façonner les opinions et le contrôle des services de sécurité.

Formellement les derniers changements ont levé quelques hypothèques. Pour autant, il faut se méfier. Quand une police politique a existé aussi longtemps, elle a littéralement métastasé dans l’ensemble des institutions du pays. Donc, il y a des niches qui vont continuer à être tentée d’abuser. La dernière action menée contre le RCD en est l’exemple. Ça va être difficile de nettoyer tout cela. Ce n’est pas parce qu’on a enlevé des prérogatives à un service qu’on ne peut pas les transférer à une autre structure pour pouvoir continuer les mêmes abus. Donc, il ne peut y avoir de dissolution effective de la police politique que le jour où le pouvoir politique sera décidé par la volonté populaire, limité par des mandats constitutionnellement prévus, et le jour où l’exercice du pouvoir se fera dans la transparence.

 Quel doit-être le rôle du DRS ? 

Un rôle de renseignement, comme cela existe partout dans le monde. Ce rôle doit s’exercer sous la responsabilité du pouvoir politique. Certains ont souvent évoqué l’exemple du FBI et de la CIA pour attester que l’institution du renseignement doit être préservée des critiques. Mais, souvent, ils ont oublié d’ajouter qu’aux États-Unis, le peuple américain vote librement tous les quatre ans et que c’est le président qui nomme les responsables des services de sécurité et non l’inverse.

 Êtes-vous d’accord avec Amar Saâdani lorsqu’il a dit que Toufik devait démissionner ? 

Moi, je ne suis pas dans le combat des individus. Ce qui m’intéresse c’est la mission. Un service de renseignement a pour vocation de faire un travail de défense de la Nation sous le contrôle du pouvoir politique, qui lui-même est issu de la volonté du peuple. On ne peut pas accepter qu’un service que personne ne voit ni ne contrôle et qui dispose d’un budget que le Parlement ne connait même pas continue de prendre en otage un pays sans pour autant que l’on sache où il veut aller.

 Ghardaïa est en proie à des violences et le pouvoir n’arrive pas à ramener le calme. Ce conflit peut-il prendre de l’ampleur et atteindre d’autres régions du pays ? 

Le conflit qui ensanglante la vallée du M’zab n’est ni une surprise ni nouveau. De manière récurrente, il y a eu des oppositions entre les Ibadites et les Malékites, mais le pouvoir n’a jamais voulu admettre l’idée de cette pluralité cultuelle et culturelle. Il y a ce déni de la réalité nationale parce que dans l’esprit du régime, l’Algérien est un timbre-poste interchangeable qui n’a pas le droit d’en appeler à ses origines, à ses racines, de s’affirmer pour ce que l’histoire lui a donné comme héritage. Il y a, en plus, me semble-t-il des manipulations conjoncturelles, ce qui ne facilite pas les choses.

 Vous avez démissionné de la tête du RCD. Êtes-vous prêt à jouer un rôle politique à l’avenir ? 

D’abord ma démission de la présidence du RCD est un choix. Il est temps pour qu’une autre génération prenne le relais. Le fait de renoncer à une responsabilité au sein du parti ne signifie pas la mort politique ou morale. J’ai passé ma vie à faire ce que j’ai estimé, en mon âme et conscience, utile pour mon pays. Je ne peux pas ne pas me sentir aujourd’hui concerné par le péril qui menace mon pays. Je ferai ce que j’estime devoir faire d’abord en fonction de ce que moi je conçois comme étant bon et nécessaire pour l’Algérie, et en fonction de ce que d’autres pourraient éventuellement avoir à proposer. Au jour d’aujourd’hui, il y a un climat politique qui n’existait pas durant les années 90, y compris chez le courant islamiste. Sans consensus en dehors du système politique, il n’y aura aucune solution à cette impasse politique.

Source TSA

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