12:13 - lundi octobre 23, 2017

Ferhat Mehenni aurait échappé à une tentative d’assassinat

La Rédaction
Ferhat Mehenni en mai 2009, devant la sculpture "Non-Violence" de Carl Fredrik Reuterswärd, au siège des Nations Unies à New York (PH/MAK)

PARIS – C’est pour la troisième fois depuis 2004 que les services algériens essaient d’assassiner Ferhat Mehenni en France. On s’en souvient, la première fois, en juin 2004, la tentative à laquelle s’était opposé son pays de résidence, avait fini par être redirigée contre son fils aîné Ameziane, un certain 19 juin à 1h du matin. Il fallait châtier le Kabyle qui éveillait les siens à leur liberté en tant que peuple.La deuxième fois, c’était un coup monté avec la complicité de son chef de cabinet qui voulait le convaincre de l’envoyer en Tunisie, au lendemain de la chute de Benali. Le président de l’Anavad qui était sur ses gardes avait démasqué le complot et confondu son collaborateur qui se faisait passer pour son homme de confiance.

Comme dit l’adage : « jamais deux sans trois », la dernière tentative d’assassinat est une opération en cours mais, déjà, heureusement éventée grâce à la vigilance de cet homme dont apparemment la tête est mise à prix par Said Bouteflika et Tartag.

En effet, fin janvier, M. Mehenni reçoit un appel d’un numéro de téléphone marocain (+212 6 14 52 84 31). L’homme au bout de la ligne se présenta comme « un conseiller d’un certain nombre d’institutions nationales marocaines ». Le président trouva l’appellation trop louche pour être vraie. Mais faisant comme si de rien n’était, il demanda la raison de l’appel. L’intéressé prit rendez-vous pour une rencontre avec lui « entre le 10 et le 15 février 2016 à Paris. Finalement c’est le 09 février qu’il rappela pour lui fixer rendez-vous à Neuilly, jeudi 11/02 à 11 heures dans un cabinet privé situé au premier étage du 24, rue Pierret. Etant parti tôt avec ses gardes du corps au rendez-vous pour l’inspection des lieux où ces derniers prirent leurs marques, le président a envoyé un SMS pour s’enquérir de l’adresse exacte et éviter toute méprise. Ayant deux minutes plus tard reçu un appel de confirmation émanant de la même personne mais avec un nouveau No de téléphone (le +212 6 61 45 68 82), le président de l’Anavad s’en est allé attendre en lieu sûr, l’heure du rendez-vous.

A 11 heures pile, il a sonné pour qu’on lui ouvre. Il traverse un petit jardin et monte par ascenseur au premier étage où l’attend un inconnu d’une soixantaine d’années, trapu, yeux verts, nez en patate, brun et surtout avec un accent algérien à couper au couteau.

Le maître des lieux qui présenta le bureau où allait se dérouler cette rencontre, se retira et laissa les deux hommes seuls. Dès qu’il s’assoit, M. Mehenni aperçoit une caméra vidéo blanche braquée sur lui, à l’angle gauche du bureau, face à lui.

N’ayant plus aucun doute sur le piège dans lequel l’envoyé du DRS voulait l’attirer, le président de l’Anavad ne montrait aucun signe d’inquiétude et se laissa aller à des digressions mélangeant le vrai et le faux. Il tenta un test de provocation pour sortir le loup de la bergerie en disant : « Vous savez ceux qui gouvernent l’Algérie n’ont jamais eu l’amour du pays, ils n’ont que l’amour du pouvoir ! »

L’émissaire de Bouteflika faillit bondir de son siège en répliquant : « C’est trop fort ce que vous dites ! Ils n’ont pas l’amour du pays ? » Imperturbable, M. Mehenni persiste et signe. L’envoyé spécial voulant s’enquérir des demandes officielles de l’Anavad, M. Mehenni a continué de jouer le jeu en insistant sur le besoin d’une aide diplomatique.

La discussion qui a duré près d’une demi-heure fut clôturée par Ferhat qui remit à son partenaire : le dernier CD, « Tilelli i teqvaylit » (Liberté pour la Kabylie) afin que ce dernier l’écoute, le dernier livre « Noël en otage » pour Tartag et ses services, le drapeau kabyle pour Said Bouteflika.

Agence Siwel

 

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