12:05 - lundi octobre 23, 2017

Funérailles dignes d’un chef d’Etat pour Hocine Aït Ahmed

La Rédaction
Hocine Ait-Ahmed a été enterré dans son village natal de Kabylie (1er janvier 2016) Image: Reuters

KABYLIE – La dépouille de l’opposant Hocine Aït-Ahmed, l’un des pères de l’indépendance de l’Algérie, décédé le 23 décembre à Lausanne, rapatriée jeudi à Alger a gagné, vendredi matin, la Kabylie. Le grand militant des droits de l’homme s’en va une dernière fois à la rencontre de son peuple.

Grand moment historique pour cette région qui se retrouve, à la faveur d’un deuil, dans le rôle de creuset populaire. Beaucoup de monde, des dizaines de milliers de personnes attendent dans les villes et à Ath Ahmed la dépouille de Hocine Aït Ahmed. Des cars, des véhicules venus des quatre coins du pays ont ramené des centaines d’Algériens venus rendre un dernier hommage au dernier des neuf chefs historique de la Révolution.

Tissirt N Cheikh, une esplanade qui surplombe le village natal de Hocine Aït Ahmed est aménagée pour accueillir la dépouille mortelle avant son enterrement dans l’intimité familiale au village. Grande ferveur, émotion contenue. C’est la grande rencontre d’un homme qui a marqué la dernière moitié du XXe siècle avec son peuple.

Jeudi après midi, le cercueil de l’ancien leader du FFS, enveloppé du drapeau national, a été transporté par un avion d’Air Algérie, en provenance de Genève, à bord duquel se trouvaient l’épouse, les deux fils et la fille de l’illustre dirigeant politique. Sur le tarmac de l’aéroport d’Alger, un détachement de la Garde républicaine a rendu hommage au « moudjahid » (combattant, en arabe), décédé à l’âge de 89 ans au CHUV, des suites d’une longue maladie. Le cercueil a ensuite été exposé au milieu du salon d’honneur de l’aéroport où étaient diffusés des versets du Coran.

Le gouvernement, à sa tête le Premier ministre Abdelmalek Sellal, les présidents des deux chambres du Parlement et d’autres hauts responsables se sont recueillis en sa mémoire. Même l’ancien puissant chef du Département du renseignement et sécurité (DRS), Toufik Mediene, est venu, lui aussi, dans la nuit s’incliner devant la dépouille de l’opposant acharné à la police politique.

La dépouille a ensuite été acheminée vers le siège du Front des forces socialistes (FFS), le parti qu’il avait fondé en 1963, où des centaines de personnes se sont massées dès les premières heures de la matinée pour rendre un dernier hommage à l’opposant historique.

Des personnalités algériennes et étrangères, parmi lesquelles le leader du parti islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, ont défilé devant le cercueil.

Deuil national et émotion populaire

Plusieurs chefs d’Etats ont également rendu hommage à Hocine Aït-Ahmed. Le président français François Hollande a notamment salué « l’une des grandes figures historiques (de l’Algérie), artisan de premier plan de son indépendance, et acteur engagé de la vie politique, dans un message à M. Bouteflika, diffusé jeudi par l’agence de presse APS. M. Aït-Ahmed était le dernier survivant des neuf « fils de la Toussaint », les chefs qui ont déclenché la guerre d’Algérie contre la puissance coloniale française le 1er novembre 1954. Dès l’indépendance du pays en 1962, il avait rompu avec ses frères d’armes, devenant un opposant intransigeant au régime qui avait pris le pouvoir.

Avec AFP

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Hocine Ait-Ahmed : Des funérailles populaires malgré la récupération de la « police politique » algérienne

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