6:57 - jeudi octobre 18, 2018

Karim Akouche parle de l’islamisme et de son voyage en Israël

La Rédaction

ISRAEL –  Avant-hier, jeudi 22 septembre, Karim Akouche, poète, romancier et dramaturge, originaire de Kabylie, installé au  Québec depuis 2008  et Mélanie Loisel, Québécoise originaire du Fermont  dans le Grand Nord Québécois , auteure, journaliste, conseillère en communication et  en relations internationales ont été les  invités de l’imminent journaliste Jean-Charles Banoun, présentateur du Journal du Soir sur la chaîne israélienne d’information en continu i24news. 

Divers sujets d’actualité ont été abordés lors de cette rencontre en rapport avec la religion, l’opinion publique vis à vis d’Israël, le conflit en Syrie et bien d’autres points variés.

Sur la question de la religion et la place démesurée qu’occupe cette dernière dans différentes sociétés, en l’occurrence l’islam, Karim Akouche a confirmé le retour saillant du religieux dû “au dessèchement du monde créé, en partie, par un capitalisme sauvage. Un consumérisme effréné. Et, de l’autre côté, il y a cette quête des valeurs spirituelles. “Les gens se cherchent une identité. L’islamisme a trouvé ce terrain vierge. Alors, il est entrain de le combler”, a fait valoir Karim Akouche. Il a affirmé que “l’islamisme est un projet globalisant et totalisant qui ne reconnait pas les lois de la démocratie ni les lois des hommes, car pour les islamistes ce sont les lois d’Allah qui doivent primer”. Il a précisé aussi que l’intention première de l’islamisme c’est d’occuper le terrain pour s’imposer comme mode de vie et pour dominer les sociétés. L’islamisme veut soumettre le monde en appliquant la charia et en répandant la violence et l’horreur partout où il passe. “J’ai vécu la guerre civile, durant les années 90, en Algérie où mon cousin, des poètes, des écrivains, des médecins…ont été assassinés. Il y a eu, au moins, 200 000 morts, à cause de l’islamisme”.”L’occident est en dérive infernale puisque il s’engouffre dans la transe des religieux. Ces derniers sont, en quelques sortes, des néofascistes que la bien-pensante occidentale fait passer pour de bons gens. “Faire passer le mal pour du bien c’est très dangereux, a ajouté Karim Akouche.

D’après toujours lui, l’islamisme n’est pas assez combattu et cela se traduit principalement par le recul de la laïcité dans les sociétés occidentales. Même l’élite française, qui défendait à un moment donné la laïcité, là, elle a tourné le dos à ce projet humain et humaniste. La laïcité, c’est défendre les valeurs universelles, défendre l’égalité des croyants, mais ce n’est jamais une exclusion des croyants. Malheureusement, certaines gens parlent d’une laïcité ouverte, d’une laïcité multiculturelle, etc. Ces idées relèvent du baratin, tout simplement. L’auteur du roman d’ « Allah au pays des enfants perdus » définit la laïcité comme “une vertu humaine qu’il faut défendre et faire promener un peu partout dans le monde. C’est une sorte de digue qui va nous protéger de l’islamisme et de tous les autres fanatismes.”

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Mélanie Loisel, l’auteure du recueil de témoignages qui s’intitule ” Ils ont vécu le siècle”, est du même avis. Elle partage l’idée que  de la laïcité recule face à l’avancée de la religion surtout ces dernières années. Elle fait mention aux sociétés canadiennes et québécoises où cette fétidité ne cesse de prendre de l’ampleur. “Nous constatons la montée du religieux au sein même de nos sociétés où il y a une montée du religieux. Les débats les plus sensibles et les plus houleux, à cette heure-ci, au Canada et au Québec, concernent tout ce qui touche justement aux valeurs. Il y a eu au Québec des projets de lois qui sont déposés pour empêcher les signes ostentatoires religieux et faire en sorte que les gens qui les portent, que ça soit le voile, le niqab, une croix ou autres, les enlèvent dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les crèches… et ce projet a suscité énormément de division au sein de la société. Nous avons été aux prises avec divers débats concernant notamment les tribunaux religieux du coté de l’Ontario et le vote avec le niqab. Le port du burkini, cet été, a causé énormément de débats. Donc, on est inquiet au Canada. Principalement au Québec où, durant les années 60, a eu la révolution tranquille, on s’est débarrassé du fait religieux. On a voulu chasser l’église catholique au Québec, où les catholiques sont très présents, de la sphère publique. Maintenant les gens se disent que si on s’est battu contre tout cela ce n’est pas pour permettre aux autres religions d’entrer dans nos institutions qu’on voulait laïques, a annoncé M. Loisel.

Lors de ce périple en Israël d’une semaine, organisé dans un cadre amical, littéraire, cultuel et politique, de la délégation canadienne qui a commencé le 17 septembre 2016, auquel ont pris part Karim Akouche et Mélanie Loisel, les deux convives de Jean-Charles Banoun se sont exprimés au sujet des atrocités de la guerre que vit le peuple syrien au quotidien et cela depuis plusieurs années.  Ils ont été témoins de bombardements qui ont eu lieu sur le territoire syrien, le 21 septembre 2016. Étant sur les hauteurs du Golan -le plateau du Golan se situe entre 500 et 1.000 mètres d’altitude, près des frontières Syriennes- Mélanie Loisel, une passionnée des voyages, a constaté avec amertume et une grande désolation la violence qui règne dans ce coin du Moyen-Orient.  “Lorsqu’on voit cela, en prend tout d’un coup conscience que la guerre est réelle. On a entendu parler dans notre pays du conflit en Syrie sans prendre conscience de ce que vit le peuple syrien depuis déjà 2011. C’est sûr que c’est une tragédie et on n’y échappe pas”, a affirmé l’écrivaine. La tension est perpétuelle dans cette région. Nul n’ignore aussi l’angoisse dans laquelle vit le peuple juif. Chacun craint pour sa vie et celle de sa famille. La guerre n’arrange personne, mais les arabes aiment les problèmes en réalité, dis-je.

Karim Akouche a esquissé un petit sourire lorsque Jean-Charles Banoun, la vedette du Journal du Soir, lui a posé une question sur sa perception sur l’État d’Israël avant et après son voyage. L’auteur de la pièce de théâtres ” Toute femme est une étoile qui pleure” et du roman-conte “J’épouserai le Petit Prince” a évoqué les risques qu’il a pris en tant que kabyle en visitant Israël et étant donné que l’Algérie n’entretient pas de bonnes relations avec l’État juif son déplacement n’est pas vu d’un bon œil de la part des salafistes et des autorités. Pis, l’Algérie se déclare toujours comme un pays arabo-musulman et réprouve solennellement Israël. Karim Akouche a mis en avant les multiples insultes et menaces de mort qu’il a reçues sur le web suite à cette visite de l’État hébreu.  Face à toutes ses menaces, K. Akouche a réaffirmé sa détermination à poursuivre son combat pour la justice et la démocratie, pour l’amour et la paix, surtout pour la liberté et qu’aucun ne peut le faire taire. “Je ne suis pas quelqu’un qui préfère les murs aux passerelles. Je suis un homme de poésie, j’aime les mots, j’aime la notion de l’amour.  L’amour entre les uns et les autres, l’amour entre les peuples. L’amour entre le monde entier. Je suis venu apporter ce massage de paix… Dans le conflit Israélo-palestinien ou israélo-arabes, il faut pratiquer la politique de l’apaisement, être pragmatique un petit peu, céder un petit peu, atténuer les tentions et essayons de devenir un petit peu poète. Rêver ! Nous avons le droit de rêver, a déclaré K. Akouche.

Mélanie Loisel, co-auteure avec Martin Gray de “Ma vie en partage”, quant à elle, est fascinée par la cohabitation entre les déférentes communautés religieuses d’Israël, des juifs et des arabes. elle est émerveillée par toutes les tranches de la société qui se côtoient au quotidien à Jérusalem, à Tel-Aviv et dans toutes les autres villes du pays. Elle est surprise par la diversité extraordinaire qui y existe et qui traduit l’envie de ces peuples de regarder vers l’avenir et de mettre fin aux longs conflits israélo-palestiniens ou israélo-arabes.

“De Jérusalem vers le Mont de Bental en passant par le désert de Judée. Visite des lieux saints au lac de Tibériade où Jésus aurait réalisé la plupart de ses miracles. Vue sur le Liban et la Syrie. La guerre est à une dizaine de mètres. Flammes et bruit de bombes. Repos dans un kibboutz sur les hauteurs du Golan avant de reprendre la route pour la ville de Nazareth… Étranges sensations : la beauté et la tragédie se côtoient dans une énigme qui vient du fond des âges.” Message de Karim Akouche publié sur son compte Facebook.

OU ici : LIEN VIDEO DE L’INTERVIEW – DÉBAT

 

Boualem Afir

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