La Kabylie, le colonialisme algérien et le Coronavirus

La Rédaction
Capture sur ©Amel.TV

ANALYSES – En pleine pandémie de coronavirus, le pouvoir belliqueux algérien n’oublie pas ses vieux réflexes et n’hésite pas à sortir ses vieilles recettes pour se sortir vaille que vaille d’une crise sanitaire qui risque de l’emporter.

Après en avoir minimisé l’impact, ce pouvoir a paniqué lorsqu’il a vu les cours du pétrole fondre comme beurre au soleil du jour au lendemain.

La manne financière qui, jusque-là lui permettait son arrogance et sa violence risque de s’épuiser plus tôt que prévu, le laissant nu devant des populations qui risquent de verser dans la violence et l’anarchie si la situation perdure.

Les indices de cette panique sont nombreux et transparaissent au travers des décisions prises à la hâte notamment vis-à-vis de la Kabylie qui n’a rien attendu de lui pour agir.

La dernière « trouvaille », et non la moindre, est probablement cette note pondue par le ministère des affaires religieuses invitant à diffuser le coran à travers les haut-parleurs des mosquées en milieu de journée et selon les décisions locales, d’en diffuser à volonté.

A défaut de respirateurs et prise en charge des malades du coronavirus dans les hôpitaux, on prépare les populations au pire dans une démarche fataliste qui lui semble être le meilleur moyen de se décharger de ses responsabilités.

Comme à l’accoutumée, le pouvoir s’appuie sur sa roue de secours que sont les islamistes pour faire passer l’inacceptable.

En Kabylie où son message est inaudible, la stratégie est mise en échec.

Il a vainement tenté de s’attaquer aux barrages filtrants dressés par les citoyens aux entrées et sorties des villages ; ensuite d’empêcher l’université de Tizi-Ouzou de produire des solutions hydroalcooliques ou d’effectuer des tests de dépistage du Covid-19.

Il a, face à lui, ces formidables comités de village et de quartiers qui déploient d’incroyables efforts et font preuve d’une admirable organisation avec des moyens dérisoires afin de faire respecter un confinement rigoureux en ne laissant personne sur le bord de la route.

Là encore, ses représentants officiels (préfets, sous-préfets, font tout pour ne laisser sur le terrain que des éléments qui leur sont acquis afin de livrer les Kabyles aux ravages de la maladie.

Or, pour la Kabylie, un comité de village ou de quartier inféodé au régime colonialiste est tout simplement une honte pour eux.

Là où la Kabylie a réactivé ses structures ancestrales sous différentes formes face à une pandémie dévastatrice, le pouvoir y voit sa disqualification à gouverner ce peuple kabyle indomptable.

Cela ne fait pas les affaires d’un régime plus tenté par la gestion du chaos qu’à y faire face.

Nous appelons la Kabylie à maintenir cette formidable organisation et à RÉSISTER aux intimidations d’un pouvoir en totale faillite dont la seule et unique obsession est de casser du Kabyle.

L’opération « Zéro Kabyle » officialisée le 30 août 2019 ne prépare rien d’autre qu’un génocide anti-kabyle.

Nous demandons aux citoyens kabyles, dans le respect des familles et des croyances de chacun, de diffuser de la musique comme un hymne à la vie, à la joie et à la résistance plutôt que ce qui est suggéré par ce pouvoir inspirant la mort.

Le MAK, l’Anavad et leurs président restent à vos côtés jusqu’au bout pour vous soutenir matériellement et moralement dans cette épreuve dont nous sortirons vainqueurs par l’union, la fraternité et la solidarité.

Les semaines à venir seront déterminantes pour l’avenir de la Kabylie : Soyons au rendez-vous de l’histoire.

Exil, le 9 avril 2020

Ferhat Mehenni, président du Gouvernement Provisoire Kabyle

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