3:13 - jeudi décembre 17, 2759

Le butin de guerre d’Anis Rahmani

La Rédaction

KABYLIE – Nos ennemis ne dorment jamais, ils n’ont jamais cessé d’être en guerre contre nous, la mitraille dans la main droite et leur livre sacré dans la main gauche. Toujours à l’offensive. Ils ne ratent aucune occasion pour nous narguer et cette fois-ci ils ont réussi l’inespéré, l’insoupçonné et l’exceptionnel.

Le graal. Et Anis Rahmani et tous ces kabylophobes de naissance et de métier peuvent maintenant mourir tranquilles et sereins. Ils ont mis la main sur un gros et un sacré butin de guerre. Ils ont entre les mains un symbole de la kabylité, un homme aimé et respecté par tous les kabyles, et certains de nos frères et de nos sœurs ont poussé même leur adoration jusqu’à la vénération.

Il est plus aisé de consoler un amoureux mais celui qui vénère est inconsolable, il sombrera soit dans le déni tellement c’est fort et c’est flagrant, soit dans la haine de tout ce qu’il avait aimé, il décrédibilisera son propre combat d’hier et versera dans le « tous pourris » et le « tous achetables et méprisables ».

Anis et sa clique jubilent, ils savent qu’ils viennent de faire un « joli » coup, ils sont conscients avec fierté et suffisance qu’ils viennent de saper le moral de millions de kabyles. Eux rient, les kabyles pleurent d’incompréhension.

Alors, ils font des photos et des selfies autour du butin, et ce dernier prend du plaisir aussi, il est à l’aise et il est content. Bizarrement, des anciennes images me traversèrent l’esprit, comme quelque chose de semblable, venant tout droit de la guerre contre le colonialisme français, des soldats français adoraient faire des photos autour d’une capture, on y voit des soldats jubilant de bonheur jusqu’à l’extase et le pauvre « capturé » tout triste et découragé, un visage qui en dit long sur les supplices et les atrocités subies.

Mais stupéfaction, sur les images et les photos d’Anis Rahmani avec le détenu en plein milieu, c’est tout le contraire. Aucune trace de coups et de torture sur le visage du prisonnier, aucun lynchage physique, il parait bien nourri et bien en forme malgré son âge avancé, il riait, il rigolait, il regarde à gauche, à droite, psalmodiant quelques phrases dans la langue de Qoreich et d’Anis Rahmani, c’est un captif joyeux et surtout à l’aise !
Le détenu a osé même l’impensable, sans aucune crainte de fâcher ses nouveaux compères. Il leur a parlé de Matoub ! Il leur a parlé de leur pire ennemi d’hier, celui sur lequel ils concentraient jadis toute leur haine du kabyle, et cette haine était et est toujours fulgurante.

Il leur a expliqué avec une simplicité extraordinaire, que si Matoub était ce qu’il était, ce grand poète et ce grand chanteur, en omettant bien sûr de parler du grand défenseur du peuple kabyle qu’il était, c’est uniquement parce qu’il avait souffert dans sa vie, un écorché vif et un chercheur de bonheur, et c’est tout !

Pour lui, ils s’étaient trompés sur lui à cause de l’image que donnait l’incorrigible Matoub, s’il avait soigné son image et sa communication, comme sait si bien faire ce « capturé » génial, alors ils l’auraient adoré ! C’était juste une question d’image en fait, il ne fallait pas aller plus loin que ça !!

C’est simpliste, c’est réducteur et surtout c’est très naïf. Puisque l’image du défunt vient désormais d’être réajustée, reformatée et « normalisée » sur un plateau de télé face à des millions d’algériens, Anis et tous ces arabo-baathistes se mettront dès maintenant à aimer Matoub. Ouf !! Le défunt, lui, ne cesse de se retourner dans sa tombe car l’inimaginable et le nauséabond viennent de se produire !

La photo du combattant de l’ALN apeuré et entouré de soldats français tous jubilants et triomphants me revient encore une fois à l’esprit comme une obsession, je le vois oser parler à ces soldats en leur expliquant, tout en tremblotant, qu’ils auraient pu aimer et adorer Amirouche, Ben Mhidi, Zirout…, les pires frayeurs de ces soldats, car ils sont de braves garçons, des gens qui ont seulement souffert dans la vie et ce ne sont que des chercheurs de bonheur ; leur combat et leur sacrifice pour l’indépendance, la liberté, leur conscience politique, leur conscience d’être des dominés et des colonisés…tout ça n’est que secondaire.

Les soldats l’auraient achevé de suite car moins hypocrites et moins rusés qu’Anis Rahmani et consorts.
Le crédule, ne sait-il pas que pour Anis Rahmani et le camp arabo-baathiste « Le cadavre d’un ennemi sent toujours bon » ? Car, Matoub, même dans une tombe, demeure toujours leur pire ennemi.

Ils ne le citent et parlent de lui que pour le tuer encore et encore. Et, Ils ne mettent sur l’estrade leur butin de guerre et leur capture kabyle, en usant et en abusant de son instrumentalisation et manipulation, que pour taper, dénigrer et salir d’autres patriotes kabyles.

A un certain âge, naïf et crédule est celui qui veut l’être. Ils élèvent Idir pour abattre Ferhat, et surtout pour diaboliser tout le projet patriotique d’émancipation du peuple kabyle du joug colonial arabe.

Un nouveau-né sortant juste du ventre de sa maman kabyle, sait qu’Anis Rahmani, ses journaux et ses télés sont les pires opposants à notre identité et à notre existence, les pires dénigreurs de tout ce qui est kabyle, les portes paroles de ceux qui nous oppriment et qui tuent nos enfants, mais Idir, lui, ne le sait visiblement pas !

La vieillesse est un naufrage, on y espère trouver la sérénité, mais parfois on se retrouve dans la sénilité.

Farid ATTOUI

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