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Le débat continue: Si Yennayer m’était conté

La Rédaction

J’entends ici apporter ma contribution au débat, passionné et passionnel, autant qu’essentiel pour éclairer la question de l’identité, qui a été provoqué par Arezki Metref, loin des propos polémiques adoptés par Zohra Mahi à cette occasion. Pour ce faire, il m’a semblé utile et nécessaire d’évacuer toute forme de passion, pour ne laisser place qu’a l’objectivité fondée sur le débat historique et scientifique.

Ce que l’opinion libre, qui se veut engagée dans la perspective de reconstruction de la société, meurtrie par tant de gâchis et de retards, au-delà des calculs partisans, peut verser dans le débat, c’est d’apporter sa contribution à la tâche essentielle de comptabilisation et d’évaluation de l’échec de notre expérience d’État émergeant de la très longue nuit coloniale, et à l’élaboration de réponses efficaces. Évaluer en quoi le système de pouvoir ayant succédé à la domination coloniale avait échoué dans la construction d’un État qui devrait garantir prospérité et liberté à toutes les sensibilités et à tous les particularismes qui constituent la richesse de la société algérienne par sa diversité, tel que promis par les idéaux de novembre 1954. Nous pensons pour notre part, que la raison principale à l’échec de notre société, dans ses différentes manifestations, ne pouvait être imputée principalement à autre chose, qu’à l’évacuation du principe des droits de l’homme, au sens le plus large, de l’entreprise d’édification des institutions de l’État. Nous pensons que ce principe devrait être au centre des préoccupations de toute entreprise de mise en œuvre d’un processus d’élaboration d’une constitution. Il devrait présider à toute initiative de réformes, aussi bien à celles qui devraient être apportées aux législations organisant la compétition et la vie politique, sur les associations, sur la presse et les médias, ou à celles qui sont relatives à l’indépendance du pouvoir judiciaire, et qui devraient permettre la mise en place des règles de répartition des pouvoirs et de répondre aux aspirations démocratiques, de prospérité et de liberté de la population. À cette occasion, les grands principes fondateurs d’un nouvel ordre politique et juridique, et principalement celui des droits de l’homme, devraient être débattus dans l’espace public qu’il faudra à priori conquérir. Débattre notamment autour des sources du droit, par la place de la Chari’a et le poids des normes du droit international, les fondements du récit national ainsi que les composantes de l’identité nationale (les langues pratiquées par la population, le statut de la religion, etc.), les droits et la représentation politique des femmes, la décentralisation et la régionalisation du pouvoir, la place des partis fondés sur la religion, et surtout l’établissement d’un véritable contrôle de constitutionnalité des lois, etc.

Je propose ici, ma modeste contribution autour de la question des fondements du récit national, car, il me semble que cette question occupe une place centrale dans tout projet d’édification des institutions d’un État. En tant que référence à l’établissement d’un accord national, qui déterminera notre personnalité, où chaque citoyen pourra s’y reconnaître, sans qu’il ait le sentiment que l’on le lui impose. C’est du moins ce qui semble être le fondement même des droits de l’homme. Pour cela, il est nécessaire d’évacuer le débat passionnel, pour ne laisser place qu’a l’objectivité fondée sur le débat historique et scientifique.

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Par Youcef Benzatat, LeMatin.dz

 

Références :

 

(1). Notre article, Demain la Révolution, Le Quotidien d’Oran, 04 août 2011

 

(2). Mohammed Arkoun, Essais sur la pensée islamique, Maisonneuve et Larose, Paris, 1984

 

(3). Malika Hachid, Les Premiers Berbères. Entre Méditerranée, Tassili et Nil, Ina-Yas / Edisud, Aix-en-Provence, 2000

 

(4). Smail Goumeziane, Algérie, l’Histoire en héritage, Alger, Edif 2000, 2011

 

(5). Notre article, En finir avec la culture des préjugés, Le Quotidien d’Oran, 14 Juillet 2011

 

(6). Gilbert Meynier, L’Algérie des origines, de la préhistoire à l’avènement de l’Islam, Paris, la Découverte, 2007

 

(7). Gilbert Meynier, op. cit.,

 

(8). Smail Goumeziane, op. cit.,

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