6:32 - mercredi juillet 17, 2019

Le Mali « prépare la guerre » malgré les réticences de certains de ses voisins

La Rédaction

Le Mali « se prépare » à la guerre, qu’elle soit imminente ou lointaine, pour libérer le Nord occupé par les islamistes armés: c’est le message que faisait passer Bamako jeudi, au lendemain d’une réunion de l’ONU laissant paraître des réticences à lancer une intervention internationale.

Au palais présidentiel de Koulouba, une source proche du président Dioncounda Traoré a affirmé: « On a senti un engagement de la communauté internationale à notre côté, une solidarité avec le Mali », mercredi, à New York, lors d’une réunion centrée sur la crise sahélienne en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. 

« On sait que l’Algérie est en train de créer un front du refus, avec sans doute la Mauritanie, le Niger » pour s’opposer au déploiement de forces étrangères au Mali. « Mais Paris va tout faire pour obtenir la convocation du Conseil de sécurité et une résolution autorisant l’intervention », ajoute cette source officielle malienne. 

A Bamako, « on ne se dit pas +quand est-ce que la guerre va commencer?+ mais +comment réunir toutes les conditions pour la faire?+. Pour nous, l’intervention n’est pas lointaine, elle se prépare », conclut-elle. 

Professeur de droit international à l’université de Bamako, le Dr Madou Diallo a senti la communauté internationale « mitigée », « réservée ». « On comprend la recommandation d’+extrême prudence+ du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, car cette guerre peut causer des désastres humanitaires », dit-il. « Mais la population malienne de façon générale est vraiment pour une intervention dans le Nord », « c’est ce que l’on entend dans les rues », assure-t-il. 

Jeudi, les journaux maliens faisaient cependant leurs gros titres plutôt sur les heurts entre policiers qui ont fait deux blessés à Bamako. Un symptôme de tensions encore préoccupantes, six mois après le coup d’Etat militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, après 10 ans de pouvoir. 

Ménager un rôle à l’ex-junte. 

« Il y a actuellement, à Bamako, un attelage politique et militaire très fragile », constate Gille Yabi, représentant à Dakar de l’organisation International Crisis Group. Cependant, « l’armée malienne, c’est l’armée post-coup d’Etat, il faut bien le reconnaître, et ménager un rôle à l’ex-junte qui représente un clan important dans cette armée ». 

Des « assises nationales » sont prévues en octobre à Bamako, « pour que tout le monde (partis, associations, religieux, militaires…) s’accorde sur la façon dont la transition doit être gérée », annonce-t-on à la présidence malienne. 

La création d’un Haut conseil d’Etat est proposée, avec deux vice-présidents dont l’un aurait en charge la défense. Un poste qui pourrait revenir à l’ex-chef des putschistes, le capitaine Amadou Haya Sanogo. « On peut cependant en douter, compte tenu de l’opposition de certains acteurs internationaux et notamment des Etats-Unis à cette nomination », relève M. Yabi. 

Enfin, une commission nationale des négociations pourrait être chargée d’engager « le dialogue » avec les « groupes armés » opérant dans le Nord. 

A la présidence, on assure: « s’il y a négociations, ce sera avec le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA, Touareg indépendantistes) et éventuellement avec Ansar Dine (groupe islamiste dirigé par l’ex-chef rebelle touareg malien Iyad Ag Ghaly, ndlr). Mais pas avec le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’ouest (Mujao) ni avec Al-Qaïda au Maghreb islamique ». 

Cette négociation, le MNLA la réclame. Son « représentant en Europe », Mossa Ag Attaher, assure depuis Paris que son mouvement est « le seul allié objectif, crédible et incontournable dans la lutte contre les forces obscurantistes implantées » dans le Nord.

AFP

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