5:43 - jeudi juin 22, 2017

Les marcheurs du 20 avril ne seraient que de piètres suivistes de processions d’après des médias algériens

La Rédaction

CHRONIQUE — Au vu de l’éclatante réussite des marches organisées par le MAK à Paris et en Kabylie respectivement les 16 et 20 avril derniers, l’on comprend la panique de la régence d’Alger et, par effet miroir, l’agitation de la presse traditionnellement anti-MAK, à l’image d’El Watan.

Après des années de censure et de désinformation contre le Mouvement indépendantiste et son leader Ferhat Mehenni, le journal francophone se fourvoie dans une nouvelle aventure qui tente l’approche psychanalytique des marcheurs du 20 avril derrière le lutte de la Kabylie pour son indépendance. Des trois choses l’une : soit El Watan se réessaie à exercer de nouveau le métier noble de journalisme, soit il tente de retarder de mettre la clef sous le paillasson conséquemment à la crise financière qu’il vit en se donnant comme objectif de séduire les indépendantistes kabyles, aujourd’hui majoritaires, afin d’écouler son papier à 30 DA, soit, enfin, il ouvre le bal à une énième danse du ventre comme le pouvoir sait en exécuter afin de charmer ses futures victimes adeptes du déhanchement, miragineux soit-il. Il s’avérera très vite, et à travers la kyrielle d’articles qu’il a consacré au bouleversement du champs politique par la donne souverainiste, que les deux dernières suppositions sont les plus plausibles.

L’argument qui en élimine la première et que dans une démarche journalistique saine, l’on se doit de se rapprocher du centre de gravitation qui est, dans le cas de la thématique traitée, M. Ferhat Mehenni. C’est lui, avec ses collaborateurs et l’ensemble des militants et des sympathisants de l’indépendance de la Kabylie, a ouvert la voie au patriotisme kabyle, et a été d’un apport incommensurable sur l’éveil identitaire amazigh de l’Afrique du Nord. Or, il n’en est rien ! L’on s’est, au contraire, approché des ennemis de l’émancipation de la Kabylie, de ceux qui ont toujours travaillé pour le statut quo, jusqu’au nouveau-né dont l’objectif est clairement de garder la Kabylie rattachée de force à l’Algérie. L’on comprend mieux, pourquoi les auteurs de cet impératif ont quitté le Mouvement à la veille de la mise sur pied du Anavad dont la mission est de l’affranchir de l’Algérie coloniale.

L’idée globale que le dossier d’El Watan, dans son édition du 24/04/2017, a voulu sécréter est que les marcheurs ne sont que des fêtards, au mieux, à la quête d’un défoulement. Ils ne sont que de piètres suivistes de processions. D iqeffafen ! Insultes insoutenables à l’égard d’une jeunesse kabyle qui, consciente, a porté tout haut l’étendard kabyle, l’Anay Aqvayli, désormais sacralisé par la crédibilité et l’engagement des patriotes kabyles. L’acte de marcher le 20 avril, à l’appel du MAK, est une signature politique d’un peuple avide de retrouver sa liberté et de conduire sa patrie vers les cimes en l’extirpant des abîmes du pouvoir d’Alger et ses bachaghas locaux. Les amateurs du « tourner-en-rond-depuis-trente-ans », ont tenté vainement d’expliquer le choix de la Kabylie pour son indépendance et minimiser du plébiscite populaire avéré à l’appel limpide du mouvement indépendantiste qui a transformé les marches en des réponses cinglantes quasi-référendaires. OUI POUR L’INDÉPENDANCE DE LA KABYLIE, était-il inscrit sur l’ensemble des banderoles en têtes de l’ensemble des innombrables carrés composant la marche, peinte en Bleu, jaune et rouge et scandant : Kabylie indépendante !

Les interviewés du RCD, du FFS, du PST and Co. auraient-ils entrevu le moindre drapeau algérien dans la masse des processions qui appuierai leurs propos déliquescents ? Ont-ils confondu la grandiose marche du 20 avril à Tizi Ouzou avec la balade électoraliste d’Ikharbane, le 22 ?

Les intervieweurs à dessin et les interviewés paniqués d’El Watan, savent pertinemment que les conditions de répression, les menaces en tous genres, les manipulations de tous bords, ont inhibés plusieurs autres milliers de marcheurs potentiels de rejoindre les marches. Qu’ils le feront lorsqu’ils jugeront être capables ou opportun de le faire. Car, aujourd’hui, ceux qui portent l’idée de l’indépendance et le rêve de la liberté est une majorité effective. Ils se comptent par milliers dans la société kabyle, à commencer par sa diaspora, notamment celle qui vit en Algérie. Ils sont à l’intérieur de l’ensemble des administrations, civiles ou sécuritaires soient-elles. En témoigne les commentaires d’un proche qui officie dans la police : « J’étais en civile, missionné pour rapporter les détails de la marche pour le compte de ma hiérarchie, j’en étais tout exalté de profiter de l’occasion pour marcher d’abord en tant que Kabyle, pour l’indépendance de la Kabylie… »

Slimane At Waghlis, Agence Siwel

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