10:38 - vendredi janvier 19, 2018

Les militants du MAK empêchés de marcher à Tizi-Ouzou dans le cadre de la célébration de Yennayer

La Rédaction

Comme l’année précédente, les militants du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) ont été empêchés par le régime d’Alger de marcher à Tizi-Ouzou dans le cadre de la célébration de Yennayer. En effet, plusieurs dizaines de policiers appartenant au corps des brigades anti-émeutes ont dès les premières heures de la journée d’aujourd’hui ont été mobilisées aux alentours du portail de l’université Hasnaoua, lieu où devait commencer la marche jusqu’au centre-ville. En sus des policiers en tenue et équipés du matériel nécessaire pour la répression des manifestants, plusieurs autres policiers en civils ont été mobilisés pour la circonstance. Et contrairement à l’année passée où les manifestants du MAK ont pu occuper la chaussée pour marquer un sit-in, cette fois-ci, ils ont été repoussés jusqu’à la limite du trottoir.

Tizi-Wezzu Tamurt.info : Même au dehors de la chaussée, l’espace a été envahi par les policiers. C’est pourquoi, au lieu de la marche prévue initialement, la manifestation se traduisit seulement par un rassemblement et une prise de parole. Il faut reconnaître cependant que les différents discours prononcés par les responsables du MAK ont fait beaucoup plus d’effet que plusieurs marches réunies. En effet, la réalité politique du régime d’Alger a été, encore une fois, portée sur la place publique. Et le premier à le faire est naturellement Bouaziz Aït-Chebib. Celui-ci s’attaquera avec virulence aux dirigeants algériens, notamment Abdelaziz Bouteflika, le général Tewfik, Ahmed Ouyahia et Abdelamalek Sellal qu’il qualifiera de « liges de la France et de renégats ». 

Le président du MAK accusera également l’Etat algérien d’avoir non seulement créé le terrorisme en Algérie mais d’être aussi à l’origine des kidnappings en Kabylie. Face aux flics qui étaient restés de marbre, Bouaziz Aït-Chebib rappellera également certaines vérités. « A l’époque où le terrorisme faisait rage, dira-t-il, c’était nous les citoyens qui nous vous accompagnions chez-vous pour vous protéger des terroristes. Aujourd’hui, ingrats que vous êtes, vous vous êtes mis à la solde du pouvoir criminel d’Alger pour nous réprimer ». Le président du MAK dira également que « l’Algérie est toujours sous domination de la France ». La preuve sera recherchée par l’orateur dans le silence gardé par Alger suite à l’invasion, depuis hier après-midi, du Mali par les troupes françaises. Bouaziz Aït-Chebib rappellera également que les chefs d’Etat de l’Afrique du Nord sont vus et considérés comme « des sous-chefs d’Etat, voire comme des chiens par leurs homologues arabes à chaque rendez-vous de la ligue arabe ». « C’est normal que les chefs d’Etats arabes les voient ainsi puisqu’ils savent qu’ils ne sont pas arabes », ajoute avec véhémence le président du MAK. 

Pour sa part, le président du Conseil Universitaire de Tizi-Ouzou, Mouloud Hamrani, mettra dans la même balance aussi bien les détenteurs du pouvoir algérien que les flics. « Les policiers, dira-t-il, comme les hauts dirigeants algériens, ne sont motivés que par le matériel. Ils courent après l’argent. C’est pourquoi, je dis aux Kabyles de ne jamais se faire un policier comme ami. Même si vous avez à la maison un policier, méfiez-vous de lui. Un policier n’est rien d’autre qu’un vendu ». Hocine Azem se montrera encore plus durs à l’égard des policiers qui demeurent plus que jamais de marbre. « Le pouvoir, leur dit-il en s’adressant directement à eux, vous utilise comme des bâtons car ils ne vous accordent pas plus d’importance que cela ». S’adressant ensuite aux manifestants, Hocine Azem dira que « vis-à-vis du droit international, ce qui se passe en Kabylie est à interpréter comme une colonisation ». 

Mohand-Ouamar Hachim prononcera un discours où le régime d’Alger est décrit comme « un être hybride et superficiel ». L’intervenant répétera à plusieurs reprises que la Kabylie ne sera jamais arabe et que le régime d’Alger ne fait qu’accentuer le mal avec sa politique aventureuse. D’autres intervenants prendront également la parole. Il faut surtout retenir qu’en reprenant le micro, le président du MAK « prouvera » le manque de patriotisme, voire la lâcheté pure et simple, des responsables algériens. En effet, Bouaziz Aït-Chebib se basera sur l’exemple du prince saoudien, un kabylophobe à outrance, qui a proposé plus de 300 millions de dollars à un informaticien de confession juive pour procéder à la suppression de tamazight du micro-soft. Bien sûr, la réponse de cet informaticien a été le niet catégorique au prince maléfique d’Arabie Saoudite. « Si Bouteflika, Tewfik et tant d’autres pseudo-dirigeants, avaient un tant soit peu d’honneur, ils auraient manifesté leur indignation à la suite de cette proposition indécente de ce prince arabe et raciste. Non, ils ne l’ont pas fait. C’st une preuve donc qu’ils n’ont aucun sens de la dignité », affirme le président du MAK. Revenant aux policiers kabyles qui se sont laissés entraînés dans « le jeu malsain du pouvoir », Bouaziz Aït-Chebib leur dira qu’ils seront « sanctionnés » un jour par la Kabylie et l’histoire. « Non pas nous vous ferons subir une sanction physique car nous ne sommes pas des violents, mais vos noms seront retenus par la Kabylie entière comme tels. Même vos enfants vous reprocheront votre conduite indigne », leur spécifie le président du MAK.

Saïd Tissegouine 

Avec Tamurt.info

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