3:46 - mercredi octobre 23, 2019

Olivier Graïne : La Kabylie brûle et nous, « khawa-khawa » avec le pyromane, on va ailleurs

La Rédaction

CONTRIBUTIONS — Le grand sculpteur monumental kabyle de renommée internationale, Olivier Graïne, très choqué par la catastrophe écologique qui dévaste depuis le début de l’été des hectares entiers de la Kabylie, s’est fendu d’un cri de colère que nous publions ci-dessous :

Les flammes de l’Etat algérien qui réduisent en cendres nos forêts et nos cultures, ravagent de la même façon notre culture et la réduit en charbon de bois, pour un barbecue où nous grillons nous mêmes les derniers morceaux de kabylité qui nous restent pour nourrir, incrédules les pyromanes fossoyeurs de notre civilisation.

Ces flammes qui consument notre pays, sont celles d’un autodafé dans lequel brûlent les bibliothèques mémorielles que sont nos montagnes.

Un Kabyle qui se croit Algérien a probablement un dédoublement de personnalité : Kabyle, il est aussi « Arabe », laïc, il est musulman, libre il est esclave, respectueux des autres il est quotidiennement insulté et ravalé au rang d’une mouche.

L’ algérianisme est un fascisme qui ne peut souffrir une quelconque cohabitation, de surcroît, avec les valeurs de sa victime qu’il séquestre et viole depuis le 24/06/1857.

L’ »algéranisme » ne digère pas sa décadence depuis 1962 . Son refus d’accepter l’évidence de son extinction irréversible, le rend nerveux.

La renaissance amazighe ne peut donc s’accomplir main dans la main ou « khawa-khawa » avec une culture embourbée dans son passé, obnubilée par sa grandeur lointaine, aigrie… incapable de se renouveler, attachée qu’elle est à ses archaïsmes qui la maintiennent dans l’arriération.

Si la Kabylie veut renaître plus forte, elle doit lâcher la main de son ennemi au risque de le suivre dans le gouffre de l’oubli. Cet ennemi moribond a un besoin physiologique de la vivacité juvénile kabyle. Celle-ci lui permet de nourrir la culture du déni, l’arrogance passéiste, et sa soif de domination hégémonique. Pour cet algérianisme, le combat amazigh est une violation de son espace vital et de son être profond

L’algérianisme signifie par conséquent, la dilution de la Kabylie dans un pays aveugle et sourd aux appels de la modernité, des droits humains et de la liberté qui lui sont mortels.

Un kabyle qui se convertit à l’ »algérianisme », fait siens, la falsification de l’histoire et les conflits occultés qui la jalonnent pour l’avoir opposé essentiellement à la Kabylie. En effet, il quitte son monde séculaire, pour rejoindre, une histoire de conflits politico-religieux sanglants et en devient le soldat.

Aujourd’hui à terre, l’algérianisme à besoin de Kabyles pour combattre la Kabylie. Il a besoin de cette chair à canon naïve qui lui permettra de se remettra en selle.

Si une leçon de notre histoire est à retenir, c’est celle de Tarek l’amazigh, qui, après avoir conquis l’Espagne, mourut mendiant au Caire.

Certains kabyles, berbéristes, soutiennent à juste titre, mais dans un raisonnement par l’absurde, que nos martyres des années 50/60 ne sont pas morts pour la Kabylie seulement mais pour toute l’Algérie. Tout le malentendu est là. Ils s’étaient sacrifiés pour la liberté et non la dictature, ils s’étaient soulevés contre le colonialisme et la Kabylie est toujours sous statut de 2e collège des colonisés

Cependant, comme aurait dit l’autre,
« Reconquista bien ordonnée commence par chez soi « .
Avant de s’attaquer à l’Everest, il est sage de commencer par le Djurdjura.

Olivier Graïne, Agence Siwel

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