4:26 - vendredi juillet 20, 2018

Partez, Monsieur le président !

La Rédaction

POÉSIE – Dédié au président algérien, Abdelaziz Bouteflika, qui, malgré sa longue agonie, s’accroche toujours au trône.

Je suis ivre
les mots ne sortent pas
l’encre se répand sur ma chemise
mes semelles démêlent un souvenir qui n’est pas.

Comment parler d’un feu que l’on croit éteint
quand je piquais des scorpions avec des épines
quand je trempais des criquets dans le jus des olives.

Je suis né de la poudre
que les soldats lançaient
sur les oiseaux aux plumes de zéphyr

Je suis né de la mort
que l’on livrait aux portes des écoles.

Je suis né des larmes
que l’on buvait aux paupières des montagnes.

Je suis né des biberons
qui mouraient sur la poitrine des veuves.

Partez, Monsieur le président
les enfants que vous avez trahis
viendront un jour
crever votre fauteuil.

Délire du poète
perdu au large de l’Amérique

J’improvise un cerf-volant
avec des ballons de baudruche
je brode une satire
pour que les marins récoltent mes débris.

Partez, Monsieur le président
les enfants que vous avez blessés
viendront un jour
faucher votre fauteuil.

Délire de plume
rage du poète
les métaphores sont broyées
comme les grains de café des Caraïbes.

Confusion des paraboles
les nuages poussent dans la terre
le ciel est peuplé de végétaux.

La vérité est un conte ancien
qui se murmure aux somnambules.

Je suis ivre
je cherche mon pays
cette calebasse trouée
que fouettent les vents.

Je vois des vers dans un verre
je perçois du sang qui jaillit des murailles.

Je suis né des cordes et des labyrinthes
des dents et des vampires
je suis né des rats et des égouts
des cadavres et des épaves.

J’ai trouvé un territoire
égaré sur une carte de voyage
des ombres se nourrissent de guenilles
des silhouettes fabriquent des fusils.

J’écris un refrain
comme le serpent qui avale une grenouille

Partez, Monsieur le président
les enfants que vous avez bravés
viendront un jour
renverser votre fauteuil.

Le président a oublié son nom
son cul a disparu dans le trône
ses rotules respirent la poussière
des filets de bave pendent de ses yeux
les écrans crèvent son fantôme
le peuple grignote des versets
les enfants tricotent des farces
les vierges ricanent derrière leur voile.

Les cils sont grimés
tels des seins boursouflés
ils narguent les poils moites.

Je vois du sexe dans le pétrole
je vois la religion dans le sexe.

Le thé refuse le vin
le lit nargue le cercueil.

La paix est une putain
que les tyrans s’offrent
dans une orgie orientale.

Donnez-moi une cuillère
et je vous raconterai une histoire.

Je dessine la révolution
avec les os de mes ancêtres
je fredonne un cantique
que j’irai chanter au cimetière.

Partez, Monsieur le président
les enfants que vos soldats ont tués
viendront un jour
danser sur votre tombe.

Karim Akouche, Écrivain

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