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Pourquoi le corps diplomatique algérien a boycotté le gala d’Aït Menguellet au Zénith de Paris?

La Rédaction

OPINION — Les 50 ans de chanson de Lounis Ait Menguellet ont été célébrés par un grand concert au Zénith de Paris le 15 janvier 2017. Dans l’article ci-dessous Akli Ameziane pose la question de savoir pourquoi les représentants de l’Algérie en France ont commencé à participer activement à cet événement avant de se retirer et y apporte quelques réponses.

C’est un impair d’une rare gravité qui a été relevé le 13 janvier dernier au Zénith de Paris, lors du concert donné par le chanteur kabyle, Lounis Aït Menguellet, à l’occasion de ses 50 ans de carrière. Alors que tout le monde craignait une récupération politicienne du gala de Lounis par les autorités algériennes, voilà que ces dernières ont brillé par leur absence. Une absence qualifiée de « boycott » par les observateurs de la scène culturelle et politique. Pourtant tout avait été bien mis au point pour « rentabiliser » politiquement l’évènement. L’ambassade d’Algérie à Paris s’était même chargée de l’aspect publicité et d’une bonne partie de la billetterie. Plus de 250 tickets avaient été distribués par les commis de l’Etat algérien. C’est dire que tout était fin prêt pour faire du concert du chanteur kabyle Aït Menguellet un événement culturel algérien. Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer pour qu’il y ait cette volte-face ?

Selon les observateurs, la première raison résiderait dans la dernière sortie de notre diva kabyle, Malika Domrane. En effet, lors de la célébration de Yennayer par la mairie de Paris, qui s’est tenue à l’Hôtel de Ville de Paris, le 12 janvier dernier, Malika Domrane, invitée d’honneur de la cérémonie, est monté sur scène en brandissant fièrement le drapeau national kabyle, mettant dans la gêne les représentants de l’Etat algérien, dont l’ambassadeur d’Algérie en France. Plus de 1000 personnes, dont des officiels français et algériens, avaient assisté à la scène et l’information a fait le tour de la toile dans l’heure qui a suivi.

C’est un fait sans précédent, une sorte de douche froide, que les autorités coloniales d’Alger ne sont pas près d’oublier de sitôt. L’acte courageux et militant de Malika Domrane est un signe révélateur des décantations en cours sur la scène culturelle et ne manquera pas de susciter chez les autorités coloniales mépris et méfiance à l’égard des artistes kabyles. Assister au concert d’Aït Menguellet au Zénith, entouré qu’il était de tout ce que la Kabylie avait comme fierté, était un risque à ne pas prendre pour les autorités algériennes.

L’autre explication devrait se trouver justement dans cette forte présence des personnalités kabyles à cet événement culturel, estiment encore les observateurs. Outre les artistes, des maires et des députés, la présence d’une personnalité comme Issad Rebrab, la fierté de la Kabylie, était inacceptable pour l’ambassadeur d’Algérie à Paris. Le capitaine d’industrie kabyle, Issad Rebrab, reste une sorte de « persona non grata » pour le régime mafieux d’Alger, autant pour sa « kabylité » que pour les valeurs de travail et de sacrifice qu’il incarne, lui qui évolue dans un système où le vol et la rapine sont la règle.

Échaudées par l’acte militant de Malika Domrane ou pour éviter le contact avec Issad Rebrab, il faut avouer que les autorités algériennes ont « rehaussé » de leur absence le concert d’Aït Menguellet, la fierté de la Kabylie.

Akli Ameziane, Agence Siwel

 

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