12:12 - jeudi juillet 19, 2018

Que sait vraiment Ottawa au sujet des terroristes canadiens en Algérie?

La Rédaction

ALGER – Trente-huit otages sont froidement assassinés quand les forces de sécurité algérienne donnent l’assaut au site gazier d’In Amenas dans le sud du pays occupé par des terroristes islamistes. La plupart des preneurs d’otages tombent les armes à la main. Le lendemain, le 21 janvier, le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, affirme à la télévision que deux Canadiens faisaient partie du groupe terroriste et qu’un d’eux, du nom de Chedad, semblait le diriger. Cheveux blonds et la peau blanche, il parlait anglais parfaitement, selon des otages survivants.

Consternation à Ottawa qui dépêche à Alger des agents de la GRC et du SCRS. Puis rien. Silence radio à Ottawa depuis un mois. Que cache le gouvernement canadien?

En un mois, les autorités algériennes ont eu tout le temps pour faire les prélèvements sanguins et d’ADN, pour relever les empreintes digitales et procéder à toutes les expertises anthropométriques nécessaires afin de les comparer avec les immenses fichiers des services de renseignements des pays amis. Alger doit maintenant savoir si, oui ou non, on avait effectivement affaire à des Canadiens.

Ottawa ne dit rien officiellement, mais laisse entendre que l’Algérie refuse de lui transmettre les informations sur l’identité du cadavre. Entretemps, un journaliste du Monde de Paris a réussi à faire mieux que notre police fédérale et nos services secrets réunis. Au début de février le journal a révélé que le Canadien qui a dirigé l’attaque était originaire de Tchétchénie, une république musulmane du Caucase où une insurrection a été écrasée par les Russes.

Que sait vraiment Ottawa? Il serait surprenant que l’Algérie ait refusé de partager avec le Canada les renseignements qu’elle possède. À moins que… Une connaissance familière avec ces questions me suggère que des réticences se sont peut-être développées du côté de l’Algérie à la suite du refus du SCRS de collaborer avec elle dans la surveillance de membres de la communauté algérienne de Montréal. Ses services auraient, en plus, fait un bras d’honneur à leur vis-à-vis canadien en coulant au Monde une partie de l’information refusée.

En tout était de cause, cela rappelle une autre affaire où Ottawa a refusé de jouer franc avec l’opinion publique.

En avril 2009, deux diplomates canadiens en mission pour l’ONU, Robert Fowler et son assistant Louis Guay sont libérés dans le nord du Mali après avoir été détenus pendant 4 mois par Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Harper n’a jamais voulu admettre que le Canada avait, directement ou indirectement, payé une rançon pour obtenir leur libération.

Une vingtaine d’otages européens, français italiens, allemands avaient obtenu la liberté par le versement de millions de dollars à AQMI.

Questionné au sujet de la rançon, Harper, en bel hypocrite, s’est défilé en déclarant qu’il ne pouvait pas parler pour le Mali ou le Burkina Faso: «le gouvernement canadien n’a pas payé de rançon. Mais les décisions prises par d’autres gouvernements sont leurs décisions en tant que pays souverains et ces questions doivent être posées à ces gouvernements.»

Ottawa a demandé, soit au Mali, soit au Burkina Faso, de payer la rançon et il s’est chargé par la suite de rembourser l’un ou l’autre par l’ACDI ou autrement.

Dans les faits le gouvernement du Canada comme ceux de France, d’Italie et d’Allemagne a payé des millions de dollars à une organisation terroriste nord-africaine, l’AQMI, qui lui ont servi à acquérir les armes, les munitions et le matériel qu’elle utilise actuellement pour faire la guerre à l’Occident au Mali et ailleurs en Afrique du Nord.

Normand Lester – Yahoo Actualité Québec

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