6:52 - dimanche juillet 15, 2018

SNC-Lavalin lance un appel à ses employés.

La Rédaction
( Photo de SNC-Lavalin ) - Andreas Pohlmann, occupe depuis le 1er mars le poste nouvellement créé de chef de la conformité chez SNC-Lavalin.

Montréal –  Pendant trois mois, SNC-Lavalin offrira l’amnistie à ses salariés dans l’espoir de mettre au jour de nouveaux cas de corruption, de collusion et de fraude. 

«Le programme d’amnistie va nous aider à aller au fond des choses», a déclaré Andreas Pohlmann, qui occupe depuis le 1er mars le poste nouvellement créé de chef de la conformité, au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse Affaires. 

«Nous garantissons à nos employés que nous ne les congédierons pas et que nous ne les poursuivrons pas en justice s’ils nous communiquent des informations de façon précise et complète», a ajouté M. Pohlmann. 

Même les salariés qui ont participé à des malversations ou à des stratagèmes illicites seront protégés. Ils pourraient toutefois être mutés à un autre poste. «Je crois profondément en la réhabilitation», a affirmé Andreas Pohlmann. 

Les quelque 130 hauts dirigeants de l’entreprise montréalaise ne seront pas admissibles au programme, qui sera en vigueur du 3 juin au 30 août. Dans des «circonstances exceptionnelles», le conseil d’administration pourrait néanmoins décider de faire preuve de «clémence» à l’égard de certains gestionnaires impliqués dans des affaires douteuses, a précisé M. Pohlmann. 

Celui-ci s’est vu confier la lourde tâche de «changer la culture» de SNC-Lavalin pour faire en sorte que les scandales qui ébranlent le géant de l’ingénierie depuis plus d’un an ne se reproduisent plus à l’avenir. C’est lui que la multinationale allemande Siemens avait appelé à la rescousse en 2007 après la découverte d’un vaste système de pots-de-vin. L’entreprise a dû verser pas moins de 1,6 milliard de dollars en amendes. 

Andreas Pohlmann souhaite que SNC-Lavalin échappe aux amendes. «J’espère que les procureurs tiendront compte de nos efforts pour mettre en place un nouveau programme de conformité», a-t-il dit. 

Depuis février 2012, SNC-Lavalin connaît une descente aux enfers d’une ampleur rarement vue pour une entreprise canadienne. Plusieurs de ses anciens hauts dirigeants, dont l’ex-PDG Pierre Duhaime, sont soupçonnés d’avoir orchestré le paiement de juteux pots-de-vin pour décrocher des contrats au Canada et à l’étranger. Des millions de dollars de l’entreprise auraient été détournés en Afrique du Nord. Sans oublier que SNC ferait partie des entreprises ayant participé à un système de collusion à Montréal. 

M. Pohlmann ne sait pas si SNC-Lavalin devrait rembourser au trésor public les sommes payées en trop à cause de la collusion et de la corruption, comme le réclame le célèbre financier Stephen Jarislowsky. «Il faudrait que j’y pense», a-t-il confié. 

Des renforts 

Dans chacune de ses unités d’affaires, SNC vient de nommer des responsables de la conformité qui se rapporteront directement à M. Pohlmann. Il y en aura également dans chaque région du monde où la firme est présente. 

À terme, le service de la conformité de SNC-Lavalin devrait compter de 20 à 30 personnes, à moins que l’«évaluation des risques» à venir conclue qu’il en faut davantage pour répondre aux besoins des 34 000 employés de la firme. À titre comparatif, le service de la conformité de Siemens, une entreprise de 365 000 employés, regroupe environ 600 personnes. 

Les responsables de la conformité devront s’assurer que les employés comprennent bien le code d’éthique de l’entreprise ainsi que deux «guides» qui pourraient bientôt s’y greffer : un sur la corruption et un autre sur les pratiques anticoncurrentielles. Il est également question de tenir compte du respect de la déontologie dans l’évaluation du rendement des gestionnaires. 

Oui aux agents commerciaux 

Par contre, Andreas Pohlmann ne croit pas que SNC-Lavalin devrait imiter sa rivale Genivar et interdire le recours à des agents commerciaux pour obtenir des contrats à l’étranger, et ce même si des paiements faits à de tels intermédiaires ont mis l’entreprise dans l’eau chaude par le passé. 

«Si nous les connaissons bien et qu’ils sont bien renseignés quant à nos exigences sur la bonne façon de mener des affaires, ce n’est pas mauvais», a-t-il statué. 

En outre, l’avocat allemand n’est pas convaincu que SNC-Lavalin aurait avantage à faire preuve de plus de transparence avec le public pour rétablir sa réputation. 

«Nous ne pouvons pas nous battre dans les médias, a-t-il estimé. Par contre, l’entreprise doit être totalement ouverte, coopérative et transparente avec les procureurs, les organismes d’application de la loi et nos partenaires d’affaires.»

 

SYLVAIN LAROCQUE

La Presse Canadienne.

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