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MAÎTRE ALI YAHIA ABDENNOUR: Ma dernière rencontre avec Abane Ramdane

La Rédaction

Juriste, grand militant de la cause nationale, Ali Yahia Abdennour revient dans cette contribution sur le cas Abane Ramdane, Bennaï Ouali et Ben Khedda.

De par le rôle qu’il exerça au sein du Mouvement national, comme dans l’organisation du Congrès de la Soummam et l’influence qu’il eut dans la direction de la guerre de Libération nationale, Abane Ramdane demeure un personnage exceptionnel de cette période charnière de la formation du concept d’algériannité. Abane Ramdane continue de susciter des interrogations et d’alimenter le débat sur sa disparition. L’Expression, qui a ouvert le débat autour de Abane Ramdane – les deux entretiens que nous ont accordés Mohamed Méchati et Mohamed Chafik Mesbah, suivis d’un additif de Abane Belaïd – a reçu une très intéressante contribution de Me Ali Yahia Abdennour qui apporte de précieux témoignages sur Abane Ramdane. Yahia Abdennour, voix autorisée s’il en fût, revient jusqu’aux sources de la crise dite «berbériste», qui avait secoué le PPA-Mtld en 1949 avec une onde de choc qui a perduré jusqu’après le 1er Novembre 1954. Ce nouveau témoignage lève le voile sur des aspects méconnus de l’histoire contemporaine de l’Algérie. Il faut espérer que ce soit le prélude à une reconstitution objective de ces pans obscurs d’histoire que le peuple algérien a le droit de connaître pour en tirer les enseignements.

 «Les dirigeants qui assassinent leurs pairs risquent eux-mêmes d’être assassinés» 

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 La mort de Amar Ould Hammouda 
Qui est-il? Il a délaissé une vie confortable pour adhérer au PPA clandestin et demander au peuple algérien de prendre en main son destin. Sa mission, consacrer une bonne partie de son activité à créer et former des groupes de l’Organisation spéciale (OS), d’abord en Oranie en sa qualité de membre de l’état-major de l’OS, puis en Kabylie, comporte un seuil élevé de risques qu’il sait évaluer avec intelligence, obstination et courage. Amar Ould Hammouda est très proche de Bennaï Ouali. Il est son ami, son frère, son bras droit, son conseiller et son confident. Il incarne à ses yeux, par sa stature, sa compétence, son élégance, son expérience, mais surtout par sa maturité politique, l’homme qui constituera son oeuvre et assurera la relève. L’islam est universel, n’a rien à voir avec l’appartenance ethnique et personne n’est obligé d’être un Arabe pour être musulman. Dans le monde un musulman sur cinq est un Arabe et les Arabes ne sont pas tous des musulmans, il y a des chrétiens. Début janvier 1956, je recevais un message de Kabylie m’informant qu’Ahmed Zaïda, compagnon de la crise dite berbériste 1949, avait besoin de mon aide. Il arrive avec Tahar Achir, passe la nuit chez moi, et m’informe qu’il est responsable d’une opération appelée «Oiseau bleu».
Il est convoqué au nouveau commandement militaire français pour qu’il informe sur ses actions. Mon aide consistait à lui poser toutes les questions possibles, afin qu’il ne soit pas pris au piège dans ses réponses. Au début d’avril 1956, il part d’Alger un lundi matin sur Azazga où il habite, mais il est revenu le lendemain matin pour une urgence. Il m’apprend que Amar Ould Hammouda et Embarek Aït Menguelet, qui avaient contacté Amar Cheikh pour rejoindre le maquis, leur a donné rendez-vous pour vendredi au moulin, à Agouni, au Marché hebdomadaire de Djemaâ Ouffela et qu’il va les exécuter. Cette nouvelle déconcertante est incompréhensible, et le vieux maquisard Amar Cheikh, chef important, ne peut que rejoindre et se plier à un ordre. Et Ahmed Zaïda m’apprend que tous les responsables militaires lui ont demandé de contacter Amar Ould Hammouda afin qu’il n’aille pas au rendez-vous. Et il a ajouté comme reponse à ma question que ses responsables ont essayé de contacter Amar Cheikh, néanmoins ils ne savaient pas où il se trouvait. Nous avons toutefois essayé de prendre contact avec le frère de Amar Ould Hammouda, Salah, sans succès car le délai est très court.
Nous avons également informé sa famille à «Tassaft», persuadés qu’il va leur rendre visite avant son départ au maquis. Car, il est marié et père de trois enfants et une épouse attendant un quatrième. Un mois après, Ahmed Zaïda m’informait que Amar Ould Hammouda n’a pas été chez lui, mais il avait passé une nuit chez son ami à lui à Beni Yenni et qu’il s’est présenté au rendez-vous. Est-ce la vérité? Bien plus tard, nous avons appris que Amar Ould Hammouda et Embarek Aït Menguelet ont été condamnés au village «Aït Ouabane» par un tribunal composé de Krim Belkacem, Mohammedi Saïd, Amar Ouamrane et Amar Cheikh. Krim a fait retarder leur exécution de 15 jours. Est-ce pour informer Abane Ramdane? Ahmed Zaïda reçoit après le Congrès de la Soummam l’ordre de Krim Belkacem de rejoindre le maquis, car l’affaire «Oiseau bleu», s’est ébruitée. Il a eu un accident de voiture près de Réghaïa et il a été hospitalisé à El Harrach. Il est blessé au dos, mais il s’est levé pour me remettre une petite valise rouge pleine de billets de banque neufs. Deux jours après, Ahmed Zaïda me rappelle pour lui remettre la valise, car il devait quitter l’hôpital à minuit pour rejoindre ensuite le maquis avec mille hommes.

 Ben Youcef Ben Khedda semble vouloir être, 

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 «Si tu rencontres Abane, tu lui diras de ma part…» 

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 Ma dernière rencontre avec Abane 
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 L’exécution de Bennaï Ouali 

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Passage extrait de Témoignage exceptionnel de Me Ali Yahia Abdenour / Ma dernière rencontre avec Abane

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